jeudi 7 mars 2013

Abel et le Reste du Monde

Niveau sociabilité, le baleineau a fait un grand pas en avant cette année, avec ses débuts en collectivité. Deux demi-journées par semaine, il s'amuse dans une petite garderie cachée au fond d'une impasse pavée.

Des débuts au poil, et nous ne recevons que des éloges sur son comportement (en vrai, c'est pas des blagues hein). Tiens, pas plus tard que ce matin:

"Abel, il sourit tout le temps, on n'a jamais besoin d'élever la voix avec lui, c'est vraiment idéal. Il est comme ça à la maison aussi?"

"Mais oui mais bien sûûûûûûûr, pensez donc!"

Il paraîtrait qu'il apporte leurs doudous aux autres enfants quand ils pleurent (pic de mignonitude du post : atteint).
Ce matin, je me suis donc posée une question essentielle : comment Abel se comporte-t-il avec le reste du monde?

- Avec ses collègues Antoine et Stella : "je t'aime, moi non plus". Gros bisous baveux du matin au soir, mais dès qu'on demande "qui a fait ça?" (ça = coups de crayon sur canapé chéri, arrachage de pages des jolis livres qui coûtent un bras...), c'est toujours "Tella. Toine. Tella et Toine". Rapporteur à quat' chandelles.

- Avec Lilia : la fusion. Lilia, c'est quand même celle qui le garde depuis ses trois mois. Je crains d'ailleurs la séparation lors de l'entrée en maternelle (on essaiera de garder le lien avec des baby-sittings de temps en temps).

- Avec sa Tatie Elise : le flirt. "Tatiiiie", elle a droit aux minauderies, aux petits airs timides qui font craquer. Note pour plus tard : prévoir une psychanalyse pour comprendre que non, tu ne peux pas te marier avec ta tante.

- Avec les toubibs : "courage, fuyons". J'en profite pour préciser à tous ceux qui envisagent d'ausculter Abel dans un futur proche qu'il est absolument inutile d'inventer des stratagèmes bidons pour le faire monter sur la table de consultation. Le dernier en date : "allez, monte sur l'escalier du prince!". Non, mon fils n'est pas complètement tapé, non.

- Avec les serveurs/serveuses au restaurant : la fermeté. Tout en restant poli, s'il vous plaît-merci, le baleineau sait s'imposer. Une fois le plat fini, il dit bien fort "dessert!", et s'il le faut il court après le tenancier pour obtenir son dû. C'est qu'on la lui fait pas, au baleineau, un repas sans dessert, c'est comme un pâté sans cornichon.

- Avec les copains : la propagande. Je suis sûre qu'il a été désigné par la communauté des grumeaux pour donner envie aux potes d'avoir leur propre baleineau. Heureusement qu'on est là pour les ramener à la réalité, tiens.


lundi 28 janvier 2013

Oui

Mon baleineau, j'ai trop longtemps délaissé ces pages. L'enjeu de cette semaine est trop important pour que cela dure.

J'espère que dans une dizaine d'années, quand tu liras ces mots, tu comprendras l'importance de ce qui se passe, en ce moment, dans ton pays.

Mais j'espère que dans une dizaine d'années, cela sera tellement courant qu'on ne pensera même plus à tous ces débats qui font du mal.

J'espère aussi que dans une dizaine d'années, tu joueras avec les enfants de nos amies de Lyon, nos Rosettes à qui on pense très fort en ce moment.

Et puis j'espère qu'à l'école, on ne t'embêtera jamais, ni toi ni personne d'autre, parce que tu préfèreras jouer au marchand ou à faire "le thé" plutôt qu'au ballon.

J'espère être à la hauteur aussi, pour te transmettre toutes ces valeurs, auxquelles je crois profondément.
Mais ce sera ton choix, et j'espère qu'après cette semaine, il sera plus facile à faire.

Quoi qu'il arrive mon baleineau, nous serons toujours là, près de toi.

lundi 5 novembre 2012

Science Guy

Oui, bon, on en est loin.

Jeudi  c'était férié, et au vu des prévisions caca-doigts de Météo France, on avait prévu d'emmener le baleineau for the first time ever...

tadadadada (ceci est un roulement de tambour)

... (points de suspension du supense pas sustainable)


A LA CITE DES SCIENCES!

Plus précisément, à la Cité des Enfants, un lieu "dédié aux 2-7 ans" pour qu'ils deviennent nos futurs ingénieurs de demain, construisent des ponts biodégradables et trouvent ENFIN le vaccin contre le rhume.

Ce que j'en retiens (ça faisait longtemps que j'avais pas fais de liste, tiens):

- Y'a du monde.

- Beaucoup trop de monde. Comme chaque futur ingénieur vient accompagné de ses deux géniteurs (mea culpa, le baleineau aussi), forcément on peut plus circuler.

- Les parents sont complètement fous : ils te passent devant dans la file d'attente (super, l'exemple! on peut aussi se faire des croche-pattes hé!) et ils sont tout stressés. Une maman en sueur m'a demandé en tremblant si "le spectacle de 20 minutes était compris dans le temps de la visite?!". A priori oui ma cocotte. Perso j'ai zappé le spectacle, on en a profité pour aller remplir et vider des seaux d'eau.

- C'est court. Une heure vraiment effective pour... 22 euros en tout. Si en plus tu vas voir le spectacle, tu peux toujours courir pour que ton rejeton soit Prix Nobel un jour.

- Le côté "éducatif" n'est pas forcément évident, mais là ce n'est pas forcément de la faute de la Cité des Sciences. Abel est resté un bon quart d'heure dans la "cabane de la joie", une mini capsule avec un hamac et un écran qui diffuse des séquences de films avec des gens heureux. Abel, tu lui donnes une télé avec des gens contents, ça lui tient la journée.

- A priori, ça a beaucoup plu au baleineau qui a piqué une crise mémorable lorsqu'il a fallu laisser notre place aux 300 enfants de la séance suivante. Du coup, on reviendra pas tout-de-suite tout-de-suite hein.


mercredi 26 septembre 2012

Rentrée Des Classes

Ben quoi? On est encore en septembre, on peut encore parler de rentrée!

Donc cet été, la famille Baleine a déménagé, vu son canapé monter tout seul au sixième étage, fait des brocantes pour trouver les meubles de ses rêves, poncé des chaises et accroché des stores.

Elle a aussi pris le train, l'Autolib, le téléphérique. Le baleineau est monté pour la première fois sur un manège, et il a choisi le train évidemment. Il a aussi fait du toboggan sur une montagne, bu une bien belle tasse dans une piscine du Vercors, et fait des siestes de plus de 3 heures.

Et puis un matin de septembre, le baleineau a retrouvé sa super nanny Lilia, et m'a fichue carrément à la porte ("au 'voir Maman!"). Le trio infernal Stella+Antoine+Abel est sur les rails maintenant.

Une adaptation en garderie idéale, le baleineau n'a "pas peur". Même quand il a vraiment peur, à se blottir contre moi, de toute façon il affirme bien haut que "pas peur!"

Je n'en finis pas d'être surprise : moi qui angoissais littéralement en pensant à cette rentrée, j'ai vu mon bébé devenu petit garçon me lâcher la main sans hésiter et faire tomber toutes mes craintes.

A moi de lui faire confiance maintenant.


vendredi 6 juillet 2012

2

Oyez oyez, aujourd'hui le baleineau a 24 mois tout rond.

Ce matin, Abel a appris à faire "deux" avec les doigts. On lui a aussi dit qu'il fallait dire "deux" quand on lui demande son âge. Il a répondu "deux, croa, sisse".

C'est pas gagné.

Ce soir ce sera gâteau Barbapapa, smarties à gogo, jolie ferme vintââage avec ses zanimos, tourne-disque réédition vintâââge et une surprise des Zuzu (oui c'est comme ça qu'il dit "Juju") et Yako (ça il sait pas dire).

Que retenir de cette année? Personnellement je retiendrai:

- l'apprentissage de la marche suivi de très très près par l'apprentissage de la course, même pour faire 2 mètres;

- les mots nouveaux, dont le "non" qui sort incontestablement vainqueur;

- les bisous, les bisous, les bisous;

- les préférences de Môssieur baleineau qui commencent à se dessiner : le chocolat, les fraises, la couleur rouge, le lit de ses parents, les livres avec "lo loup"...

- les expériences créatives : le dessin, la peinture, les gommettes, la pâte à modeler;

 Je dois être maso, mais j'ai bien hâte de voir ce que nous réserve la troisième année.

lundi 18 juin 2012

Bâtir et Piquer

La baleine s'est prise de passion pour la couture. Suivre les lignes, tailler, bâtir, piquer. Tout un nouveau vocabulaire à apprendre.

Moi qui connaissais sur le bout des doigts les secrets du tricot (mais oui bien sûr), je reprends tout de zéro.

Ma dernière oeuvre en date : un joli short dans un tissu imprimé vintâââge et japonais en plus.

Et on voit pas sur la photo, mais il y a deux poches au dos. Avec des boutons. Donc j'ai appris à faire des boutonnières à la machine.

Et puis le plus important : il tombe impec sur le baleineau. J'ai enfin compris qu'il fallait suivre la taille 2 ans pour la largeur des vêtements, et suivre la taille au-dessus pour la longueur et pour les manches.

On ne se rend pas bien compte à l'écrit, mais je suis sacrément fière.

mardi 12 juin 2012

L'Equilibre

A presque deux ans, avoir un baleineau chez soi, c'est le bonheur.

Non pas qu'avant ce ne soit pas bien, attention. Mais j'avoue que là, ça commence vraiment à me plaire.

Je le connais, il me connaît, bref on se connaît. On se fait des blagues, des bisous par milliers, des câlins rapides (le baleineau est fana de bisous mais pas très câlinou).

On a nos livres préférés, les limites sont connues et globalement respectées.

Notre relation est équilibrée : on s'écoute, et on sait dire "OK, tu as raison sur ce coup-là". Certes, le baleineau ne le dit pas aussi clairement, ça ressemble à "é sa la ro bi la va sa?" mais le cœur y est.

Je crois que je n'aurais pas pu rêver mieux comme baleineau.