mercredi 20 juillet 2011

Bad Dreams

Etre maman d'un baleineau, c'est pas de tout repos.

La nuit dernière, toute la maisonnée était endormie du sommeil paisible des gens qui n'ont rien à se reprocher et qui sont presque en vacances. Maman Baleine était donc avachie sur le ventre, sa nouvelle lubie depuis que le baleineau s'est extirpé.

Les acrobaties diurnes dudit baleineau ne doivent pas lui suffire : voilà qu'elle s'imagine qu'il est là, à côté d'elle dans le lit. Il lui écrase (délicatement bien sûr) la joue de sa main dodue et se fraie un chemin jusqu'au bord du lit...IL VA TOMBER! Vite je l'attrape par...ce que je trouve.

Or ce que je trouve, c'est le bras de mon cher et tendre, Papa Baleine (je vous rappelle que je suis endormie, pour ceux qui ne suivraient pas). Papa Baleine qui n'est pas très content d'être réveillé (délicatement aussi, cela va sans dire) en plein milieu de sa phase de sommeil profond par une Maman Baleine en phase paradoxale et paranoïaque, persuadée que sa progéniture sombre dans un abîme sans fond.

Apparemment, c'est la deuxième fois que ça arrive. Maman Baleine, c'est vraiment pas un job de tout repos.

Photo : le baleineau, H-2 secondes avant la chute. C'est flou, c'est normal, ça bouge.

mercredi 13 juillet 2011

Des Miettes de Madeleine

...ou comment mettre les larmes aux yeux d'une jeune maman au bulot.

J'ai beau tempêter, râler, implorer pitié quand le baleineau fait des siennes, qu'est-ce qu'il me manque quand il n'est plus là. La faute probablement aux 9 mois de sous-location de mon bidon, allez savoir, la nature est ainsi faite.

Ce matin, j'arrivâmes toute pimpante au bulot...soyons précis : j'arrivâmes toute renfrognée au bulot, bicauze je ne fais pas le pont du 14 juillet et c'est trop injuste. En plus tous mes collègues/copains partent en vacances ce soir, bande de lâcheurs.

Je m'installâtes sur mon siège en skaï pour rédiger une note de la plus haute importance...soyons précis : pour checker mes mails et Facebook, et aussi prendre quelques nouvelles de DSK. Mais diantre, que mes mains sont sèches ce matin, on dirait une tortue plutôt qu'une baleine.

Vite, vite, je me saisis du tube de pommade que j'ai intelligemment glissé dans mon sac à main. Je suis incroyablement organisée depuis que je suis maman...soyons précis : c'est un coup de chance, un miracle Salomon, un vrai miraaacle!

Mais...mais qu'est-ce que c'est que ce...

...

Son polo. Son petit polo d'hier (soyons précis : pas vraiment petit, le baleineau est officiellement passé à la taille "2 ans"). Snif. Snif snif.

Mon baleinooooooo!

Crédit image : myfeasts (Flickr)

mercredi 6 juillet 2011

1

La boucle est bouclée, le biberon est biberonné, nous revoilà au chiffre "1".

Pendant ta première année, mon baleineau, tu nous en as fais voir de toutes les couleurs (enfin surtout dans les tons beige/kaki/marronnasse) et ton caractère a commencé à se former. J'ignore si tu changeras dans les prochaines années, mais si ce n'est pas le cas tu es :

- Gourmand : ai-je vraiment besoin de détailler quoi que ce soit sur le sujet ?

- Contemplatif : la dernière fois que je t'ai emmené au parc, j'étais moi-même perdue dans la contemplation des marmots qui s'ébattent et de leurs géniteurs qui leur courent après. En me tournant vers toi, j'ai eu la surprise de constater que tu avais exactement la même expression que moi. Dans la lune quoi. Forrest Gump style.

- Chevaleresque : tu as peur du bruit du sèche-cheveux. Mais tu ne fuis pas devant le monstre, tu viens me tirer par la jupe pour me sauver du dragon. Abelot du Lac style.

- Casse-cou : rien ne te fait plus rigoler que les acrobaties improbables que t'inflige Papa Baleine. Et même tout seul, tu t'infliges tout seul des acrobaties, comme imaginer que le lit est plus long qu'en réalité, et donc te ramasser (avec grâce) sur le parquet. Pouf le Cascadeur style.

- Impatient : c'est lié à ton estomac insatisfait. Car ton impatience est uniquement liée à la boubouffe. Lorsque tu as une couche pleine, radioactivité maximale, tu fais preuve d'un flegme exemplaire. James Bond style.

Tu as aussi une tête de petit poussin quand tu te réveilles de ta sieste, tu t'endors en voiture, tu chantes "Bateau sur l'eau" en te balançant, tu danses sur du reggae (à mon grand dam), tu prends ton biberon tout seul depuis tes 6 mois, tu ne supportes pas d'être allongé sur ta table à langer sauf si on te donne un truc bidule pour t'occuper, et tu aimes d'un amour inconditionnel Jeannot et Pue-du-Nez (tes deux fidèles doudous).

Ground Control au Baleineau, "you've really made the grade".

mardi 5 juillet 2011

TOP 5 des 3FG : n°1

Les Fun Facts de Fin de Grossesse : une fin de toute beauté.
Je vous parle d'un temps que les moins de un an ne peuvent pas connaîtreuh...

Au cours des 24 heures de mon accouchement (oui, finalement ça aura duré 24 heures), j'ai eu l'impression de vivre un condensé de la vie, en passant par toutes les émotions possibles.
Préparez les mouchoirs (entonnez le tempo...là je parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître non plus).

5 juillet, 3h du matin, "Le Déni" : hé mais c'est fini ce remue-ménage, j'ai envie de dormir moi!

5 juillet, 5h du matin, "La Prise en Main" : bon, c'est foutu pour me rendormir. Mais c'est une fausse alerte hein? Pas de blague! Qu'on me donne une montre et mon ballon de gym. Sus aux contractions!

5 juillet, 8h du matin, "La Voie de la Sagesse" : ne t'inquiète pas Papa Baleine, va travailler tranquillement, au rythme des contractions ce sera pas pour aujourd'hui (je croyais pas si bien dire).

5 juillet, 10h du matin, "La Voie Nautique" : je vais me faire couler un bain, tiens. Au passage, je remercie le ciel d'avoir une baignoire, ça m'a drôlement aidée. Bien que d'avoir l’œil rivé sur l'aiguille des secondes aide moyennement à se détendre...

5 juillet, midi, "Le Soulagement" : Papa Baleine est rentré, trop de pression là.

5 juillet midi, "La Panique" : merde, s'il est rentré, ça veut dire que c'est officiellement aujourd'hui le Jour J. Merde, merde, merde.

5 juillet, 14h, "La Douleur qui fait Vraiment Mal" : et que je prends la vague des contractions (appelez-moi Brice) et que j'expire comme si je soufflais sur une bougie mais sans l'éteindre (pfioooooou). Aïe.

5 juillet, 16h, "La Phase Hystérique" : de quoi de quoi de quoi tu appelles un taxi mais où tu m'emmènes c'est juste impossible j'y arriverai jamais je suis pas faite pour avoir un enfant moi et puis je suis pas prête du tout j'ai dû oublier plein de trucs dans la valise et je veux ma maman à moââââ!

5 juillet, 17h, "La Sérénité" : cool, les professionnels ont pris le contrôle du truc, j'ai plus qu'à laisser faire. Dans quelques minutes, pose de la péridurale.

5 juillet 18h, "La Phase Psychédélique" : oooooh comme c'est joli toutes ces couleurs! Ce blanc cassé, ce vert d'eau, les ailes lilas du papillon géant qui s'est posé sur la sage-femme... Adieu, gentil anesthésiste, que la Force soit avec toi!

6 juillet minuit, "L'Ennui" : ça commence à être un peu long non?

6 juillet, 3h du matin, "La Stupeur" : je pourrais avoir un autre petit coup de produit magique? Ah non c'est pas possible? Il va falloir pousser là?

6 juillet, 3h10, "La Rébellion" : nan, je pousserai pas. Na.

6 juillet 3h30, "Le Courage" : et il en faut, j'aime mieux vous le dire.

6 juillet, 3h40, "Le Un Peu de Tout" : un mélange de fierté (je suis quand même drôlement forte), d'épuisement (au bord de l'évanouissement), d'éblouissement (il est beau en plus), et d'affolement (mais qu'est-ce qu'on va en faire).

Une fois n'est pas coutume, big up à Papa Baleine qui a vécu tout ça à sa façon et qui a été incroyablement zen. Contrairement à ce que j'avais entendu dire, je ne l'ai pas traité de babouin répugnant et inutile pendant les contractions car il a su trouver sa place.

En revanche, je me souviens très bien lui avoir dit "le prochain, on l'adopte."

vendredi 1 juillet 2011

TOP 5 des 3FG : n°2

Driiiiiing!

Bon OK, maintenant avec nos téléphones à la pointe de la technologie high-level, "driiiiing" on l'entend pas très souvent. Sauf chez les nostalgiques des vieilles sonneries, mais c'est soooo 2008.

Remettons-nous dans l'ambiance J-7.

En mode bibendum. 30° à l'ombre des immeubles parisiens (y'a pas d'arbres, non). 30 minutes de sorties par jour : un quart d'heure le matin pour choper un bouquin (bon d'accord, un DVD) à la médiathèque, un quart d'heure l'après-midi pour acheter mes fruits...mon pain au chocolat de quatre heures. Tricotage à fond les ballons. Entourage tendu comme mon maillot une pièce "d'avant" si j'avais tenté de l'enfiler.

Car l'entourage attend LE coup de téléphone. Celui qui annoncera que je suis "en travail". Résultat : je n'appelle plus PERSONNE. Pour éviter de stresser l'entourage, j'attends sagement qu'on me sonne pour me poser la question qui tue : "Alors??". Et c'est la valse des pronostics, mais ça, je vous en ai déjà parlé.

Le jour J, je n'ai donc appelé personne. Personne n'a su que nous étions partis à la maternité. Le premier coup de téléphone que j'ai passé ce 6 juillet était pour ma maman, vers 6h du matin. J'étais encore dans la salle d'accouchement, Abel était endormi sur moi, et elle a pu entendre sa voix.

C'est magique la technologie high-level quand même.

Crédit image : GaiaBordicchia (Flickr)

mercredi 29 juin 2011

TOP 5 des 3FG : n°3

"Disons que ça se précise. Ça se précise oui."**

Le lundi 5 juillet 2010, Papa Baleine est parti travailler avec une boule au ventre vu que j'avais des contractions depuis 3h du matin. Mais bon, on nous l'a bien répété en cours de préparation à l'accouchement, "pour un premier enfant, ça prend beaucoup de temps, donc autant rester au maximum chez vous". Pas de précipitation à la maternité donc.

Comme (presque) tous les jours, avec nos amis, nous nous tenons au courant par e-mail de ce qui nous arrive (ou pas) dans nos petites vies de middle class-trentenaires-parisiens. J'ai conservé précieusement nos échanges de messages de ce jour-là...moult nostalgie m'envahit lorsque je les relis.

Après avoir annoncé qu'il y avait un sacré chamboulement là-dedans, chacun y est allé de son pronostic. Et finalement, je n'ai jamais eu l'occasion de décerner le Baleineau d'Or du pronostic le plus foireux.

Les nominés sont:

- Didine Madame Soleil : le 6 juillet, pas d'heure précisée. Se mouille pas beaucoup la Didine.

- Tonton Yacko Le Doigt dans le Vent : le 5 juillet à 22h. Yacko qui disait avoir "une intuition masculine là, c'est pas croyable!!", "un peu comme dans Avatar, la 3D en moins".

- Juju Le Pifomètre : le 5 juillet "fin de soirée. Limite demain mais aujourd'hui quand même."

- Sébo L'Espagnol : qui n'a pas arrêté de parler de l'équipe de foot espagnole, Coupe du Monde (toute pourrite) oblige. Donc selon Sebo ce serait bien que ce soit le 6 juillet parce que ce serait 25 ans "pile poil" après la naissance de "sa cousine Sandrine".

- Grégo Le Whack : "Tant que le petit est pas déclaré à la Mairie, c'est pas trop tard pour l'appeler Grégory". Et pari implicite sur le 6 juillet parce que "c'est la Sainte Mariette".

Et le Baleineau d'Or est attribué à...

TONTON YACKO! Pour son pronostic bien foireux (mais j'aurais aimé qu'il soit vrai, ça m'aurait épargné 5h de joyeusetés), prononcé avec une conviction inébranlable.

** message authentique de Papa Baleine en réponse à Tonton Yacko qui demandait (je cite) : "ça se précise??"

Crédit image : erinmattes (Flickr)

lundi 27 juin 2011

TOP 5 des 3FG : n°4

Aujourd'hui, je rends hommage à celui qui a été près de moi pendant ces longues journées de fin de grossesse. Un compagnon de route, un véritable appui quand la gravité était ma pire ennemie.

A toi, mon ballon de gym bleu.

En réalité, il n'était pas "près" de moi mais plutôt "sous mes fesses". Pendant l'un des cours de préparation à l'accouchement, j'ai découvert les vertus du ballon de gym. C'est très moche, c'est encombrant, ça pue le plastique et ça fait saigner les oreilles quand tu bouges dessus. Oui mais c'est magique.

Avec le temps (va tout s'en va), j'ai oublié les sensations de ma fin de grossesse. Mais je me souviens tout de même d'avoir passé beaucoup de temps sur mon ballon, notamment pour écrire les notes de ce blog. Et qu'est-ce que je m'y trouvais bien.